ADRIANA WALLIS, une jeune artiste qui touche et réveille les émotions enfouies
Même quand tout a disparu, il reste encore la gravité.
C’est le titre du podcast qu’Adrianna Wallis a signé pour Arte Radio. Et peut-être la phrase la plus juste pour parler de spoliation.
En 2021, cette artiste apprend que sa grand-mère, la peintre Diane Esmond (1910–1981), a été spoliée par les nazis. 46 tableaux méthodiquement détruits. Un appartement entier vidé au 54 avenue d’Iéna: meubles, livres, vêtements, jusqu’aux objets les plus ordinaires. L’immeuble familial était devenu le quartier général de l’ERR, l’organisation nazie chargée du pillage des œuvres d’art dans les pays occupés.
Personne dans la famille ne le savait. Le silence avait tout recouvert.
De cette révélation naît un podcast hors norme: à la frontière du documentaire, de l’enquête intime et de l’installation sonore. Elle y raconte tout au présent. Comme si cette histoire vibrait encore dans les appartements d’aujourd’hui. Le titre vient du physicien Joël Chevrier : même lorsqu’un appartement est vidé de tout, il reste encore la gravité. Le poids invisible des choses. Celui que la restitution cherche, chaque fois, à réparer.